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Née
Le 7 février 1915 à dans la LOIRE, Claudine
Jenny fille de Jean-Marie CHOMAT mineur
et de Philomène, Marguerite PAGAT, culottière , domiciliés
rue de la Talaudière Maison Jouffre.
Claudine Jenny fut adoptée par la Nation par le
Tribunal civil de St Etienne, le 19 juin 1919, car son père
Jean-Marie est mort pour la France le 1er septembre 1915
avant sa naissance.
Mariée à
Paris (13e arrt), le 20 février 1937 avec Victor Joseph
MICHAUT - Mariage dissous en 1947.
P uis
mariée à Ivry sur Seine le 5 mai 1948 avec Antoine Laurent
CASANOVA
Décédée à
Boulogne-Billancourt Hauts de Seine le 14 octobre 1995.
Inhumée à Ivry sur Seine. |
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Quelques
photos de sa jeunesse
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Cette photo Claudine me fait peine
à regarder, elle est triste
c'est évident et normal, elle vient de perdre sa mère à
l'âge de 5 ans.
Elle a déjà
connu des malheurs, puisque son père
est mort dès le début de la guerre
14/18 quand elle était encore dans le ventre de sa mère
!
Son
regard me semble marqué pour toujours
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La
voici avec sa sœur Julienne le jour de leur
communion dans l'église du quartier du Soleil, le
quartier le plus pauvre de St Etienne porte ce nom
comme un défi !
Plus tard Claudine ne croira plus en Dieu sa grand-mère
qu'elle adorait et qui remplaçait ses parents mourut
des suites d'un accident à plus de 80 ans !!!
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La voici au premier plan à gauche, elle pose avec ses
copines et sa sœur, toutes deux habillées d'une
même robe, mais Claudine est la plus belle de toutes.
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Cette
photo la montre toute jolie. Elle a toujours attaché
beaucoup d'importance à sa tenue .
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Claudine et la biche à lait

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Au sujet de cette photo de la
biche à lait qui
m'intriguait, grâce à Internet
j'ai reçu une réponse : Cette
photographie couleur m'a été
envoyée par Patrick M. En voyant
cette l'image de Claudine sur
mon site, cela lui a
rappelé l'accident de moto qu'il
avait eu une trentaine d'années
avant .... Il est retourné sur les
lieux, a pris cette photo en couleurs et me l'a
adressée ...
Patrick M me signala qu'il
s'agissait du portail d'un château avec ferme attenante
situé vers le lieu dit "Montbressieux" au croisement de
la D30 venant de la Rive de Giers et de la Route de la
Plaine, dans le département de la Loire bien entendu.
Merci à Patrick M qui
a souhaité rester discret sur son nom mais sa photo et son
message m'ont fait bien plaisir. Comme quoi des inconnus
peuvent vous rendre service sans rien demander en
échange.
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Avec
sa sœur Julienne
Ces
pyjamas ont-ils été confectionnés par la grand-mère ?ou
par Julienne qui avait fait des études de corsetière ?
Où se passe cette scène ? derrière leur maison quartier
du Soleil ?
Je
n'ai jamais vu Claudine moindrement s'amuser et là elle
pose de façon théâtrale!!!!!
Il
est vrai qu'elle était très coquette.
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Avec son frère aîné
Jean-Marie même prénom que le
papa mort en 1914 -
elle adorait
son frère
remplaçait le père qu'elle n'avait pas eu.
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Quelques éléments de la bio de Claudine CHOMAT
épouse MICHAUT puis CASANOVA
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ajouts de notes de
Marie-claude depuis janvier 2004 de
cette couleur
)
Claudine est née le 7
février 1915 à Saint-Étienne (Loire),
orpheline de père dès sa naissance car son
père est mort pour la Patrie en 1914 . Elle
fut adoptée par la Nation le 9 juin 1919.
Le père
de Claudine Jean-Marie CHOMAT était mineur à
Saint-Étienne. De convictions laïques, il
faisait partie de l'Amicale laïque du
quartier le plus pauvre de la ville nommé
curieusement " Le quartier du soleil " C'est
au " Soleil " que vécut Claudine jusqu'en
1934.
Elle
avait 2
sœurs Jeanne et Julienne et 1 frère Jean
Marie. A la mort du père, la mère culottière
ne pouvant subvenir aux besoins de ses
enfants a tenu un café ; elle est morte
quand Claudine avait 5 ans et c'est la grand
mère qui éleva tous les enfants.
Cette
grand-mère était une femme très soucieuse
des autres qui le soir au sortir de l'école
n'hésitait pas à recoudre le bouton manquant
d'un gamin qui passait devant elle. La
vie était dure et Claudine qui achetait le
pain devait le prendre déjà bien rassis pour
qu'il soit mangé moins vite !
Après
avoir obtenu son CEP - étant parmi les
meilleures élèves de ce quartier pauvre elle
fut prise en charge pour ses études -,
pendant trois années à la section
commerciale de l'École pratique de commerce
et d'industrie où elle obtint le diplôme
d'aptitudes commerciales.*
1
*1 Je viens de lire justement hier
30 janvier 2004 une de ses
rédactions dont le sujet consistait
à décrire le 1er jour de sa rentrée
à l'Ecole du commerce. Claudine
décrit assez longuement le portail
d'entrée qui lui parait immense, et
puis elle s'étonne de la petitesse
de la cour qui doit recevoir tant de
personnes. (son texte a été
considéré comme hors sujet, mais
sans doute a-t-elle été frappée par
ces deux observations qui lui ont
semblées digne d'être annotées et je
la reconnais bien dans ce texte très
bien écrit à la plume et
orthographiquement correct.
Claudine
commença à travailler en juillet 1930
comme sténodactylo dans un magasin de
pièces pour automobiles puis chez un
fabriquant de rubans qui la licencia pour
son appartenance à une organisation ouvrière
de pratique théâtrale (FTOF). Après quatre
mois de chômage durant lesquels elle
eut la possibilité d'aider des organisations
par des travaux dactylographiques comme
le SRI (Secours Rouge International), elle
fut quelque temps chez un patron (matériel
électrique) sympathisant, puis ayant écrit
au préfet, en tant que pupille de la nation,
elle fut admise le 29 juillet 1932 au
service départemental des Assurances
sociales comme sténodactylo.
Elle
adhéra à la Jeunesse communiste en 1931 et
fut, dès décembre 1932, secrétaire du rayon
des JC de Saint-Étienne, Elle fut ensuite
secrétaire des JC de la Loire jusqu'en avril
1934. Le 11 mai 1934, elle entrait à l'École
léniniste internationale à Moscou jusqu'en
mai 1935 *2.
A
son retour, elle fut trésorière de la
Fédération des JC et entra au Comité central
des JC au VIIIe congrès des 19-22 mars 1936
de Marseille. Elle fut chargée avec Danielle
CASANOVA de la création de l'Union des
jeunes filles de France dont elle fut
secrétaire à l'organisation au 1er congrès
de décembre 1936 (D. Casanova étant
secrétaire générale). En 1937 elle épousa
Victor Michaut , membre du Comité Central du
Parti Communiste Français.
*2
Imaginez cette jeune fille issue
d'un milieu très pauvre ayant à
peine quitté son quartier du Soleil
et se retrouvant à Moscou !! Et bien
oui elle est restée fidèle à l'URSS
malgré les effroyables actes des
dirigeants soviétiques - Comment
faire autrement sinon renier
toute sa vie politique à laquelle
elle a tout sacrifié même sa fille !
Je suis bouleversée quand j'entend
ou je lis comment sont traités ces
militants artisans du Front
Populaire et si je ne partage plus
les convictions de mes parents - et
je le regrette - je veux faire un
peu toucher du doigt la générosité
qui les animait et le courage dont
ils ont fait preuve durant la 2ème
guerre mondiale tandis que d'autres
très nombreux se taisaient ou plus
faisaient du profit ou pire
collaboraient avec l'ennemi.
Claudine
CHOMAT fit partie du groupe de militantes
qui, à la fin de l'année 1939 et en 1940,
par un travail clandestin intense, permirent
au Parti communiste de se réorganiser en
renouant le contact entre le secrétariat et
les dirigeants éparpillés par la
mobilisation et la répression. Par elle,
Laurent Casanova -- qu'elle épousera après
la guerre, en secondes noces --, évadé
d'Allemagne en avril 1942, put se mettre à
la disposition du secrétariat. Claudine
CHOMAT était partie en exode à Toulouse où
elle établit la réorganisation et la liaison
entre la zone sud et la zone nord et
commença à s'occuper avec Josette COTHIAS du
mouvement féminin clandestin. Elle revint à
Paris le 4 août 1941. Elle dirigea les
comités clandestins après l'arrestation de
Danielle CASANOVAdepuis mars 42. Elle était
en liaison avec Maria RABATE et Jean
LAFFITEqui fut arrêté le14 mai 1942 , puis
avec Robert BALLANGER et Auguste LECOEUR en
1944. Les Comités féminins de résistance
qu'elle dirigea depuis 1941donnèrent
naissance à l'Union des Femmes Françaises
dont elle fut élue secrétaire générale à la
Libération . Elle fut élue membre suppléant
aux Xe et XIe congrès nationaux en 1950 et
1959. Pendant l'hiver 1947, elle suivit une
École centrale du PC de quatre mois. Malgré
les liens d'amitiés qui les unissaient,
elle se heurta à Jeannette
VERMEERSCH (vers 1956) qui n'appréciait pas
ses propositions novatrices.*3 Elle fut
écartée du Comité central en 1961, en même
temps que Laurent Casanova écarté du
bureau politique.
*3
Pour ma part je tiens à signaler que
Claudine et jeannette se sont
longtemps bien entendues, issues
toutes deux de milieu ouvrier elles
avaient de nombreux points communs
dans leurs références personnelles
et ont milité ensemble à l'Union des
Jeunes Filles de France qu'elles ont
fondé aux côtés de Danielle CASANOVA
et de Marie-Claude
VAILLANT-COUTURIER.
Mais il est
vrai que leurs positions sur le
contrôle des naissances étaient
radicalement différente. Claudine
luttait ( notamment au sein de
l'Union des Femmes Françaises
qu'elle avait participer à créer et
dont elle a été la secrétaire
générale dès la fin de la guerre du
fait de son activité auprès des
femmes dans l'illégalité de la 2ème
guerre mondiale) pour la liberté des
femmes de choisir librement leur
maternité.
Voici la
position de Jeannette Vermeersh
selon wikipedia : "En 1956,
Jeannette Vermeersch, s'exprimant en
tant que vice-présidente de l'Union
des femmes françaises prend parti
contre le "contrôle des naissances"
: "Le « Birth control », la
maternité volontaire, est un leurre
pour les masses populaires, mais
c'est une arme entre les mains de la
bourgeoisie contre les lois
sociales" [6]. Cette position va à
l'encontre de celles de nombreux
militants, notamment dans les
milieux médicaux. Thorez prend parti
pour Jeannette en condamnant les
thèses néo-malthusiennes ." .
J'ai envie d'ajouter que je
trouve sujet à réflexion le fait que
Claudine et Laurent qui militaient
tous deux dans des organisations
plus larges que le PCF aient eu des
positions en contradiction avec
Maurice Thorez notamment, et aient
été "éloignés" de la direction du
Parti Communiste Français; dont par
ailleurs ils sont restés membres
jusqu'à leur mort !!
Elle
reçut la Légion d'honneur en 1983 pour ses
faits de Résistance.
Lors de
son décès, Robert HUE adressa un télégramme
de condoléances à sa fille Marie-Claude, de
même que Georges MARCHAIS qui disait
notamment : " j'ai eu la chance de pouvoir
l'apprécier et je garde le souvenir des
décisions injustifiées qui furent prises il
y a près de trente-cinq ans à son encontre
et envers son compagnon, Laurent Casanova.
Malgré tout cela,
Tous deux restèrent
attachés à leur parti et nous avons
entretenu des relations très fraternelles
jusqu'à leur dernier moment." .Malgré tout cela,
Tous deux restèrent
attachés à leur parti et nous avons
entretenu des relations très fraternelles
jusqu'à leur dernier moment." .(Gorges
Marchais avait participé à l'éviction de
Laurent Casanova).
Claudine
a terminé sa vie assez seule entourée de ses
précieux cartons contenant les archives de
la Résistance qu'elle souhaitait voir
aboutir dans le Musée de la Résistance
Nationale de Champigny . Elle a demandé à sa
fille de contacter Josette Cothias Dumeix en
qui elle avait une entière confiance.Tous
ses documents sont maintenant au Musée .
Claudine
est décédée le 15 octobre 1995 elle a tenu à
ce que l'on grave sur sa tombe à Ivry
- qu'elle a voulu le plus proche possible du
Mur des Fédérés - qu'elle avait
été Communiste jusqu'à son dernier jour.
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Un cri sur
la guerre 1914/1918
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Je les
revois ces
jours de
deuil et de
souffrance,
où l'ennemi
féroce
envahissait
la France.
Où dans les
bois le sang
ruisselait à
gros flots,
où l'âpre
des exploits
enfantait
des héros.
Que de
hardis
lutteurs,
que de
nobles
victimes
dont on
ignorera le
martyr
sublime,
jusqu'à ce
qu'un poète
aux accents
convaincus,
célébrât les
exploits de
ces
vaillants
vaincus.
Quant à moi
j'ai gardé,
gravée dans
ma mémoie;
pour vous la
dire un jour
cette
touchante
histoire.
Dans un
sombre
réduit
vivaient de
pauvres
gens.
La mère,
deux enfants
avec leur
vieux
grand-père.
L'homme
hélas était
mort au
début de la
guerre.
De jour en
jour
pourtant on
avait moins
de pain,
et les
petits
disaient
"nous avons
faim".
Et la mère
éprouvait
d'indicibles
tortures
à regarder
souffrir ses
chères
créatures.
Quant au
vieux, dans
un coin il
gémissait,
tout bas,
" Mon Dieu
ne nous les
prenez pas.
Eux envolés
qui
protégerait
leur mère.
L'homme n'a
pas le droit
de se donner
la mort.
Et plus son
mal est
grand, plus
il doit être
fort.
J'ai
cependant
voulu mourir
mon père.
Non pas que
j'eusse peur
pour moi des
horreurs de
la guerre,
mais ces
petits
souffraient
tant de la
faim,
ce spectacle
était trop
navrant à la
fin."
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Claudine connaissait ce poème
par coeur, c'est sous sa
dictée que je l'ai noté.
Voici ce qu'elle m'en a dit
en avril 1995, 6 mois avant
sa mort :
« Ce
cri a été appris par notre mère à notre sœur
Jeanne. Par notre grand-mère à Julienne et à
moi. Je l'ai souvent récité aux fêtes du
patronage des curés du quartier du Soleil à St
Etienne, où nous envoyait notre grand-mère parce
-que la cour était au soleil, alors que la cour
du patronage laïque était à l'ombre. »
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