Tout d'abord,
je souhaite indiquer la
manière dont ces documents ont abouti au Musée de la
Résistance Nationale :
Claudine Chomat qui a
traversé toute l'époque de la Résistance chargée
notamment de l'organisation de la lutte contre l'envahisseur
et le Gouvernement de Vichy en zone Sud et zone Nord. Elle n'a
jamais été arrêtée. Et quand on
se rend compte des difficultés à rester libre en cette période
trouble c'est ce qu'on peut nommer un exploit !! En fait cela
s'explique et par les qualités d'organisation de Claudine, et
par sa prudence ainsi que par l'aspect de jeunette qu'elle
présentait.
A ce sujet je souhaite
raconter une anecdote que m'a relatée Josette Cothias-Dumeix,
amie et compagne de lutte qui lui est restée chère et fidèle
jusqu'à son dernier jour.
" Un matin à l'aube la
police française se positionnait pour arrêter - "une
dangereuse terroriste" - Il virent sortir une toute jeune
fille en robe chambre avec un pot à lait à la main et un fichu
sur la tête, ils la laissèrent passer…elle ne pouvait bien
entendu pas être la terroriste qu'ils devaient arrêter !!! C'était
pourtant Claudine qui a traversé le cordon de police calmement.
- Elle a dit plus tard à Josette " Ouf, j'ai eu chaud !! "
Voilà c'était Claudine !
Changeant souvent
d'identité de logement et d'apparence, elle n'a pas non plus
pris de risque en allant voir sa famille et j'en sais quelque
chose , moi sa fille née en 1938.
Je ne sais pas comment et
où Claudine a gardé ces documents qui ont traversé toute la
période de la guerre, mais je la vois encore, après la mort de
Laurent , entourée de ses cartons remplis d'archives de la
Résistance et comme cela jusqu'à son décès.
Elle m'avait demandé de
contacter Josette Dumeix-Cothias après sa mort pour que celle
ci puisse faire parvenir les archives au Musée de la
Résistance Nationale, Josette aurait bien voulu consulter ces
documents avant…. Mais Claudine les gardait précieusement -
C'était toute sa vie !! et dans sa solitude je suppose que la
vue de ces cartons remplis de riches souvenirs l'apaisait un
peu, ou la rassurait sur le bilan de sa vie.
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Nous n'avons pas toujours eu de bonnes relations toutes les
deux ! D'abord je l'ai connue tard après la guerre, et puis sa
santé était fragile, surtout ses nerfs complètement usés par
les épreuves de l'illégalité. Secrétaire générale de l' UFF
après la guerre, membre de Comité Central du PC, elle passait
son temps en grande activité et quand elle rentrait à la maison ses nerfs
lâchaient , il lui arrivait souvent de s'enfermer des heures
et des jours dans le noir.
Je raconte tout cela parce
que souvent, et c'est normal on parle de ceux et celles qui
ont été incarcérés ou et déportés, mais ceux qui n'ont pas été
" pris " s'ils ont eu de la chance, ont aussi payé cher ces
périodes sans relâche de militantisme illégal.
Nous nous sommes perdues
de vue ma mère et moi durant quelques années (fin des années
70), et quand nous nous sommes revues régulièrement, nous
n'avons pas parlé de cette période de la Résistance, ni
beaucoup de son enfance difficile. Je le lui avais proposé,
mais elle n'avait pas les nerfs assez solides pour aborder ces
questions.
A son décès j'ai donc
contacté Josette Dumeix et je lui ais apporté les archives , à
part celles que je donne en 2002. Je dois tout de suite
préciser que ce qui concerne Victor MICHAUT ne faisait pas
partie du lot, Je ne pouvais laisser de côté qui fait
partie intégrante de cette histoire.
le destin de
Claudine, Victor, Laurent et Danielle Casanova fut lié
à plus d'un titre :pour Claudine et Danielle, c'est évident ! mais, par exemple
c'est mon père Victor Michaut qui était à la permanence du
Parti Communiste lorsque Danielle Casanova a adhéré et c'est
lui qui l'a reçue, et par la suite Danielle et Victor ont eu
des responsabilités communes. Quant à Laurent, c'est Claudine
qui l'a reçu et caché quand il est rentré de son évasion et
qui l'a mis en contact avec le parti, et quand Laurent cite " la
Tante Céléstine " dans son autobiographie, il s'agit de la
tante de Victor. Elle était connue de beaucoup d'autres,
Josette la cite dans son livre avec beaucoup d'émotion.
J'ai donc décidé de
joindre le journal manuscrit de mon père, écrit à la prison de
Tarbes en 41. C'est Paulette Michaut -sa seconde épouse- qui
me l'a m'a donné. C'est un héritage précieux et cela me permet
de laisser une trace de Victor Michaut comme de
Claudine Chomat et de Laurent Casanova.